Reconnaître un mail d’arnaque en 5 signes
Un mail de l'Assurance Maladie ou de votre banque vous presse d'agir ? Avant de cliquer, vérifiez ces cinq signes, montrés sur un vrai faux mail annoté.
Un mail de l’Assurance Maladie, de votre banque ou des impôts vous demande d’agir vite ? Prenez une minute avant de cliquer. Voici comment repérer une arnaque mail grâce à cinq signes simples, montrés sur un faux mail que nous avons dessiné pour l’occasion. Et si vous avez déjà cliqué, la fin de l’article vous dit quoi faire, dans l’ordre.
Vous êtes loin d’être seul à recevoir ce genre de message. En 2025, l’hameçonnage représentait près de 33 % des demandes d’assistance des particuliers auprès de Cybermalveillance.gouv.fr, le service public d’aide aux victimes. C’est de loin la première menace. Ces faux mails sont de mieux en mieux imités, si bien que tout le monde peut s’y laisser prendre, y compris les plus prudents.
Hameçonnage
Le nom français du « phishing ». Un escroc se fait passer pour un organisme connu (banque, Assurance Maladie, impôts, livreur) pour vous faire donner vos codes, votre mot de passe ou votre numéro de carte bancaire. Comme à la pêche : il lance le même appât à des milliers de personnes et attend que quelqu’un morde.
Un faux mail, décortiqué
Voici un faux mail typique. L’Assurance Maladie fait partie des organismes les plus souvent imités, et le renouvellement de la carte Vitale est l’un des prétextes que les escrocs utilisent le plus, d’après l’Assurance Maladie elle-même. Les cinq signes sont numérotés : on les reprend un par un juste après.

Les 5 signes d’un faux mail
L’adresse de l’expéditeur est étrange
En haut du mail, votre messagerie affiche un nom, par exemple « Assurance Maladie ». Ce nom, l’escroc l’écrit lui-même : il ne prouve rien. Ce qui compte, c’est l’adresse complète, celle qui contient un @. Cliquez sur le nom de l’expéditeur (sur un téléphone, touchez-le) pour la faire apparaître.
Regardez surtout ce qui suit le @. Ici, « secure-vitale-fr.com » n’appartient pas à l’Assurance Maladie, même si le mot « ameli » apparaît juste avant. Les vrais mails de l’Assurance Maladie viennent d’adresses qui se terminent par assurance-maladie.fr ou ameli.fr.

Le message vous presse ou vous menace
« Votre carte expire dans 48 h », « vos remboursements seront suspendus », « dernier rappel avant poursuites »… L’escroc veut que vous agissiez tout de suite, avant d’avoir eu le temps de réfléchir ou d’en parler à quelqu’un. Des points d’exclamation en série dans l’objet vont souvent avec.
L’appât peut aussi être une bonne nouvelle : un remboursement qui vous attend, un gain inespéré. Dans les deux cas, le réflexe est le même. Plus un message vous pousse à vous dépêcher, plus il mérite que vous ralentissiez.
Le lien ne mène pas au site officiel
Le bouton dit « Renouveler ma carte Vitale », mais un bouton peut cacher n’importe quelle adresse. Sur un ordinateur, vous pouvez la vérifier sans risque : posez simplement la flèche de la souris sur le bouton ou sur le lien, sans cliquer, et attendez une seconde. La véritable adresse s’affiche en bas à gauche de la fenêtre, ou dans une petite bulle près du lien.

Si l’adresse ne correspond pas exactement au site de l’organisme, n’allez pas plus loin : un seul caractère peut changer pour vous tromper. Sur un téléphone, il n’y a pas de souris pour vérifier. Le plus sûr est alors de ne pas toucher le lien et de taper vous-même l’adresse du site officiel, ou d’ouvrir l’application de l’organisme.
On vous demande vos coordonnées bancaires
Des « frais d’envoi » de 1,49 €, un remboursement à recevoir, un dossier à « mettre à jour »… Le prétexte change, mais la demande finit toujours par arriver : votre numéro de carte bancaire, vos codes ou votre mot de passe.
C’est le signe le plus sûr des cinq. Les administrations et les grands sites ne vous demandent jamais ces informations par mail. L’Assurance Maladie le précise : elle ne vous demandera jamais votre numéro de carte bancaire ni le mot de passe de votre compte ameli. Et une nouvelle carte Vitale est gratuite, envoi compris.
Le mail ne vous appelle pas par votre nom et contient des fautes
« Cher assuré(e) », « Cher client »… Le faux mail part à des milliers de personnes en même temps, alors il reste vague. Un organisme dont vous êtes vraiment client connaît votre nom, et l’utilise en général.
Les fautes sont un autre indice : « continuer à être rembourser », des accents qui s’affichent mal, des phrases tournées bizarrement. Attention toutefois, les escrocs écrivent de mieux en mieux. Un mail bien écrit peut donc très bien être faux : fiez-vous d’abord aux quatre premiers signes.
Si vous hésitez encore
Ne répondez pas au mail et n’utilisez pas le numéro de téléphone qu’il donne. Contactez l’organisme par un autre chemin : le numéro habituel, celui de vos courriers ou de votre carte, ou votre espace personnel en tapant vous-même l’adresse du site. Il pourra vous confirmer si une démarche vous attend vraiment.
Vous avez repéré un faux mail : que faire ?
- Ne cliquez sur rien : ni lien, ni bouton, ni pièce jointe.
- Ne répondez pas, même pour protester.
- Signalez-le si vous le souhaitez sur Signal Spam, le service de signalement des mails indésirables associé à la CNIL. Il faut créer un compte la première fois.
- Signalez le faux site à Phishing Initiative si vous avez repéré son adresse (celle qui s’affiche quand la souris est posée sur le lien). Ses experts l’analysent et peuvent le faire bloquer dans les navigateurs.
- Supprimez le mail. Beaucoup de messageries ont aussi un bouton « Spam » ou « Indésirable » qui l’envoie au bon endroit. Son emplacement change selon la messagerie : si vous utilisez Outlook, commencez par vérifier quelle version vous avez.
Pas d’inquiétude si un vrai mail atterrit un jour dans les indésirables par erreur : vous saurez le retrouver dans le dossier spam.
Le même piège arrive aussi par SMS. Dans ce cas, transférez le message au 33700 (c’est gratuit) ou signalez-le sur le site 33700.fr. Bon à savoir : les vrais SMS de l’Assurance Maladie viennent tous du 38 663 et commencent par « ASSURANCE MALADIE ».
Si vous avez déjà cliqué, ou donné votre numéro de carte
D’abord, respirez : cela arrive à beaucoup de monde, et réagir vite limite les dégâts. Faites ce qui correspond à votre cas.
- Vous avez donné votre numéro de carte bancaire : faites opposition tout de suite, auprès de votre banque ou au serveur interbancaire d’opposition, le 0 892 705 705 (ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, numéro payant). Notez le numéro d’opposition qu’on vous donne. Si des paiements ont déjà eu lieu, contactez votre banque pour les contester et demander leur remboursement.
- Vous avez tapé un mot de passe : changez-le immédiatement, sur ce site et partout où vous utilisiez le même.
- Vous avez seulement ouvert la page : fermez-la sans rien remplir, et ne téléchargez rien de ce qu’elle vous propose.
Gardez le faux mail : c’est une preuve. Si de l’argent a été prélevé ou si quelqu’un utilise votre identité, vous pouvez porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix. Pour être guidé, le service officiel 17Cyber vous permet de préciser votre situation, et ses agents vous aident à trouver des solutions. Vous pouvez aussi appeler Info Escroqueries au 0 805 805 817, un appel gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30.
Le bon réflexe, à garder en tête
Au moindre doute, ne passez jamais par le mail. Allez vous-même sur le site officiel, ou appelez l’organisme au numéro que vous connaissez déjà. C’est la vérification la plus sûre, même face à un faux mail très bien imité.